Sociologie du deguisement

Le déguisement est une technique permettant de changer son apparence afin de ne pas être reconnaissable ou pour incarner un autre personnage. Cette technique est utilisée depuis de nombreuse années au théâtre et au cinéma mais elle s’est également démocratisé et aujourd’hui, nous nous déguisons pour toute sorte d’évènement que ce soit lors d’un Carnaval, pour la célèbre fête d’halloween ou pour n’importe quelle soirée déguisée

Un phénomène de mode

Aujourd’hui, le déguisement représente un vrai style de vie et nous pouvons nous déguiser pour n’importe qu’elle occasion et dans n’importe quel endroit.

Il existe des concours de déguisement sur le thème du manga (le cosplay) et sur celui des comics. Trouver un déguisement de Batman, Superman ou d’un autre super héros n’a aujourd’hui plus rien de compliqué.

Mais le déguisement évolue de plus en plus en suivant l’actualité. En effet depuis la mort de Michael Jackson des dizaines de déguisement différent ont vue le jour afin de retracer la carrière du chanteur à travers tout ses clips. Il en va de même pour une autre chanteuse très connue qui est Lady GaGa.

Commerce

Il existe beaucoup de boutiques proposant des déguisements en France. Il en existe de toute taille, de la petite boutique en centre ville tenu par une famille depuis des générations jusqu’au grand supermarché en libre accès ou tous les déguisements et accessoires sont accessibles facilement.

Sur internet, beaucoup de site d’E-commerce vendent des déguisements à tous les prix. Ce sont généralement des sites avec une gamme de déguisement très large pratiquant très souvent des prix moins cher qu’en magasin, mais auxquels il faut ajouter les frais de port.

Les déguisements vendus dans le commerce sont très majoritairement produits en Chine et ne respectent donc pas tous les normes européennes.

Certains costumes sont vendus en taille unique et sont amples ou élastiques, tandis que d’autres sont produits à différentes tailles.

Le marché

Parmi le vaste monde des achats de jouets qui se réalisent pour 65% d’entre eux pendant la période de Noel, il existe en février et en octobre une catégorie de jeux privilégiée qui sont les articles de fêtes.

En France, il représentaient 8% des achats totaux des jouets. La majorité des achats de déguisement se faisant soit pour Carnaval et depuis quelques années pour Halloween.

Pour les acteurs du marché du déguisement, Halloween est considéré comme un phénomène durable car 38% des enfants participent à cette fête ((21% de 0-3 ans ; 50% de 4-6 ans). 66% de ceux qui reçoivent un cadeau à cette occasion ont un déguisement, 39% des friandises, 13% un jouet).

Aspects sociologiques du déguisement

Le déguisement, qui intéresse les enfants de 4 à 13 ans environ, se compose de plusieurs éléments, utilisables seuls ou ensemble. En effet, l’enfant peut, selon son choix, se maquiller, mettre un masque ou une perruque, et/ou se vêtir d’un costume. Il peut également s’équiper d’accessoires tels que sac à main, épée…

Si le déguisement est déjà conçu par un fabricant spécialisé, on l’appellera panoplie. Elle concerne principalement les enfants de 4 à 10 ans et appartient à l’univers du jouet.

Toutefois, le jeu est tel que l’enfant n’a pas besoin d’une panoplie pour s’amuser. Il peut tout aussi bien utiliser des vêtements et accessoires récupérés dans les armoires de ses parents. N’oublions pas qu’un simple drap blanc pourvu d’un trou dans lequel passer la tête apporte parfaitement l’illusion d’être un fantôme. Dans le cas de récupération, les ustensiles ménagers servent alors de substituts aux armes et baguettes des chevaliers, fées et autres héros.

Quelle que soit sa forme, le déguisement, qui représente une transformation de la réalité quotidienne, est considéré comme un jouet d’éveil de la personne.

L’imitation

La première caractéristique de ce jeu est de développer chez l’enfant ce souci d’identification qui, comme dans le cas de la poupée ou des véhicules, lui permet de grandir. Se déguiser, c’est changer de personnalité, se transformer, s’identifier à un héros ou ressembler aux « grandes personnes ».

L’enfant choisit son costume en fonction de la personne qu’il souhaite incarner.

Ainsi, on constate chez les garçons un besoin d’aventures. Ils se travestissent généralement en héros de chevalerie, sortis tout droit des contes et dessins animés qu’ils ont entendu antérieurement.

Les fillettes, quant à elles, s’attachent davantage à la beauté, à la coquetterie. Leur souci étant de plaire, elles incarnent bien plus souvent des personnages existant ou ayant existé (infirmières, mariées, princesses…) que des héroïnes (cow-boys, indiennes…).

Le développement de l’imaginaire

De par ces incarnations, l’enfant s’évade du monde réel au profit d’un monde imaginaire. Bien que reproduisant un personnage connu, tels les héros de dessins animés, l’enfant, s’il veut poursuivre cette activité généralement spontanée durant tout l’après-midi, doit se raconter des histoires, s’inventer des aventures. Sa capacité à rêver et son imagination sont ainsi mis à l’épreuve.

La fillette, qui éprouve vers l’âge de 5 ans de la méfiance vis à vis de sa mère dans le rapport au père, tente d’intégrer son future rôle de femme. Toutefois, elle ne sera pas une femme commune, elle sera idéale. Maquillage, déguisement, parure et accessoires : rien ne sera laissé au hasard. Le déguisement et toute l’histoire seront alors conçus autour d’un fil conducteur : « être une princesse, en quête de son beau chevalier ».

L’apprentissage de la coquetterie

Ce désir d’idéal s’exprime également à travers le simple fait de se maquiller. En effet, la beauté représente l’idéal des petites filles. Être coquette est leur rêve premier, précédent même celui d’être princesse et de rencontrer le prince charmant. Dès lors, le maquillage constitue leur jeu préféré. Il leur permet de se présenter différemment qu’à l’habitude, de se travestir. En jouant sur l’harmonie des couleurs, sur l’opposition des teintes et l’utilisation des mélanges, elles se transforment telles qu’elles souhaiteraient être : belles et femmes.

La sociabilité

Si cette activité de travestissement est non pas spontanée mais le résultat d’une fête d’école, d’un anniversaire ou de Mardi Gras, l’enfant est en contact avec de nombreux amis. Son déguisement lui permet alors de s’exprimer plus facilement. Le masque, qui permet de se cacher aux yeux extérieurs, permet de se sentir plus fort ; la timidité habituelle s’estompe ; l’expression, la communication en est que plus facile.

Le costume suscite également le dénouement des langues. Les enfants parlent de leurs préoccupations affectives. La peur du dentiste et le mal ressenti lors d’un arrachage de dents sont soudainement dévoiler à un dentiste factice.

De façon générale, se déguiser lui permet de rejouer des situations sociales avec ses amis, et ainsi d’accroître sa sociabilité.

Les fabricants de déguisements et articles de fêtes, bien que peu nombreux sur le marché, ont bien compris l’intérêt pour l’enfant de ce jeu.